TRAVERSER LA BLESSURE

Tu crois avoir libérer ta blessure, mais sans crier gare, elle revient encore et encore te chercher, sans que tu puisses lutter. Elle vient sans un mot, sans crier et soudain elle te saute à la gorge.

Elle revient sous de multiples visages de l’Illusion, comme l’Hydre à plusieurs têtes: quand tu en coupes une, elle en refait pousser 3.

Elle te fouille le ventre, elle te donne des coups de marteau dans la tête, elle t’enfonce une lame dans le cœur et tu n’es plus qu’à sa merci. Tu deviens sa victime, sa Bête et tu te laisses dévorer de l’intérieur.

Alors, ta blessure, elle s’ouvre, elle s’ouvre encore plus qu’avant, tu la connais bien cette douleur, oh oui, trop bien, et pourtant à chaque fois, cela fait toujours aussi mal, elle libère son torrent de larmes et sa rivière de sang.

Alors, il n’y a plus qu’à se laisser traverser par cette douleur, cet énorme tsunami de tristesse qui submerge, cet abîme de chagrin…
Les larmes coulent et viennent nettoyer encore et encore la blessure. Tout ton corps est secoué de la tête aux pieds. Tu hurles, tu te tords de douleur, tu trembles.

Tu t’agenouilles, tu mets la tête à terre.
O Mère Divine, viens à mon Secours ! Libère-moi !
Tu craches ta colère, tu craches tes non-dits. Ton ventre est une gargouille en colère qui crache son feu et sa bile, jusqu’à l’expulsion de ce glaire.

Et puis, peu à peu cela se calme…
Agenouillée, un immense calme se fait.

Devant toi, le Ciel blanc, quelques oiseaux chantent, un vent vient faire valser quelques feuilles…
Plus que jamais, alors tu sens le Vivant en toi.

Laurence