Portrait de Muse: Muriel Gaillard et ses secrets de fée

Portrait de Muse: Muriel Gaillard et ses secrets de fée

Je suis heureuse d’accueillir Muriel dans ce « Portrait de Muse ».

J’ai tout de suite aimé son univers poétique où j’entends les rivières chanter, la Terre vibrer et les mots devenir une pincée de poudre de fée !

Son engagement pour l’écospiritualité est une Voix(e) à suivre.

Je vous invite à découvrir l’univers Elemental de Muriel, rempli de douceurs et de magie, ainsi que ses secrets de fées. Belle lecture !

Que la Lumière soit et la Lumière fut !

Je prends ma plume que je souhaite aujourd’hui être sauvage pour libérer des secrets qui demandent à être partagés car ils ne m’appartiennent pas ! En toute pudeur et humilité, je vous livre mon expérience qui a libéré ma muse qui n’en pouvait plus d’être dans son donjon !

 

Il y a cinq ans, au détour d’un taillis perdu dans la broussaille, imperceptible ornement du ruisseau chantant à mes oreilles, alors que mon cœur fébrile portait les incertitudes d’une mère débordée et débordante de son énergie créatrice refoulée, offerte, donnée, et si souvent pleurée et conjurée, à ses enfants, merveilleuses créatures innocentes gambadant joyeusement, aux prémices d’un avenir que je leur souhaitais brillant et doux comme le miel, je perçus des petites lumières rouges, blanches, vertes et jaunes tels de petits lampions improvisés dans le buisson.

 

Leur clignotement si évident m’appelait à m’approcher. Et oh n’en croyant pas mes yeux, dans ces lampions de lumière se détachèrent des ailes battantes et un petit corps fin. Serait-ce… des… fées ? Quoi d’autres ?

 

Je sentis la magie monter en moi, l’enchantement à l’œuvre, Walt Disney n’existait plus ! Mon âme s’allégeait, ma bouche souriait d’un sourire nouveau, mon cœur se remplissait d’une force douce inconnue jusqu’alors. Je sentais l’Amour, tout l’amour que je portais à la Nature, à la Terre que j’aime tant !

Mais pourquoi ce privilège ?

 

Sur le chemin du retour je n’étais plus la même. Cette rencontre donnait un nouveau sens à ma vie, c’était comme une promotion, une reconnaissance venue d’ailleurs. J’étais fière !

Je ne savais pas encore que cette rencontre inattendue n’était que le début d’un nouveau commencement dans mon existence car…

… depuis elles ne m’ont plus quittée.

 

Au réveil, le lendemain, alors que je peinais à ouvrir les yeux, Elle était là, lumineuse entre mes sourcils. Je me demandais bien sûr si je n’étais pas en train de perdre la tête. Fine gravure dorée posée délicatement sur mon troisième œil. La fée avait pénétré mon Être ! Je la portais désormais ! Mais je compris plus tard que c’était Elle qui me portait aussi petite soit-elle.

 

La lumière avait pénétré mon Être, je le sentais, quelle bénédiction !

 

Depuis, ma vie a bien changé ! De la lumière au Divin il n’y a qu’un pas. J’ai commencé à me laisser porter, à suivre une trame tracée dans l’invisible mais qui m’était montrée de différentes manières au gré des signes et des synchronicités.

Merci pour tous ces cadeaux ! Je les aime et leur ai d’ailleurs rendu hommage en créant un centre de ressourcement dont elles ont souhaité qu’il se nomme « L’Espace élémental » regroupant ainsi la lumière de tous les élémentaux !

Gratitude infinie ! Ma deuxième vie vient de commencer et je la sens remplie de belles rencontres. Désormais, je vois la lumière !

INTERVIEW

Dans ton texte, tu nous partages que ta rencontre avec le peuple élémental a changé ta vie et que tu as crée un centre de ressourcement « L’espace élémental ». Comment as-tu opéré ce passage du rêve à la réalité ?

Merci, c’est une bonne question ! Avec du recul, il est évident que j’ai été guidée. Tous mes efforts mis en place pour acheter le local que j’avais trouvé dans la région ou j’ai fait la rencontre des fées ont été déjoués. Ça n’a pas marché. Puis, j’ai tout à coup eu l’idée de quitter cette région et de me déplacer vers la côte sud-ouest. Nous avons déménagé. La semaine de notre installation dans notre nouvelle maison, je vois l’annonce d’une maison à vendre dans une agence immobilière. Il n’était pas prévu que nous achetions une deuxième maison. Je demande à la visiter et en l’espace de deux semaines tout se met en place pour l’achat de ce lieu en pleine nature. Le nom m’est soufflé….je souris et je me dis qu’il faut quand même oser pour donner ce nom à ma société, mais « L’Espace élémental » s’impose. Le lieu est désormais bien réel.

 

Peux-tu nous donner quelques secrets de fées pour enchanter ta vie ?

Le plus grand secret qui n’en est pas un, c’est l’Amour de la Nature. C’est vouloir la protéger, la respecter, la sentir dans sa puissance guérisseuse. C’est ouvrir ses yeux et son âme pour que dame Nature s’ouvre à nous à son tour. D’ailleurs, « enchanter » trouve tout son sens, car les fées adorent les chants vibratoires. Essayez ! Asseyez-vous dans l’herbe et faites vibrer des sons. Vous verrez s’allumer des centaines de petits lampions ailés.

 

Tu te présentes comme une « peintre médiumnique et auteur de textes intuitifs », peux-tu nous dire comment tu allies création et intuition ?

Je laisse aller. Tant pour la peinture que pour l’écriture, je laisse aller. Pour l’écriture, j’écoute ce qui émerge à l’intérieur de moi. Je fais confiance aux mots qui émergent et je les écris.

Pour la peinture, je ne planifie rien. Je pose des intentions ou je me relie à une énergie de mon choix. J’écoute aussi à l’intérieur les messages qui arrivent.

Encore une fois, je fais confiance. Les tableaux sont toujours porteurs d’un message. Je dois dire que je sens déjà dans la journée ou quelques jours avant l’appel souvent lié à des situations inspirantes.

 

Un conseil pour se reconnecter à son intuition ?

Y croire ! Avoir confiance en ce qui se dit au plus profond de notre être ! Suivre la guidance ! Affiner ses sens !

 

Comment vis-tu ton « ecospiritualité » au quotidien ?

Déjà je vis au bord de l’eau au milieu des arbres. J’ai des animaux. Je mange bio et pratique la naturopathie. J’élimine le plus possible de ma vie ce qui pourrait polluer l’environnement ou nos corps. Malheureusement, c’est difficile de faire du 100 pourcent. Ensuite, je me connecte à la Nature, aux élémentaux. J’observe, je ressens, je touche, je soigne. Je conscientise les couleurs, les parfums, les formes, la diversité, les rythmes et les cycles. J’écoute le vent, les oiseaux, la rivière. Je lâche mes pensées pour détendre mon corps en méditant sensoriellement au beau milieu de cette abondance naturelle.

 

Quel est ton livre de chevet et pourquoi ?

« La femme Shakti » de Vicki Noble. Vicki Noble est une femme comme vous et moi qui a découvert la puissance de sa connexion à la Nature. Elle explique son cheminement sur la voie de la chamane qu’elle est. Elle nous parle de ses expériences et comment elle a développé ses dons. C’est très intéressant parce que très banal !

 

Quelle Femme connue ou moins connue t’a marqué et inspiré dans ta vie ? Pourquoi ?

Toutes les femmes qui osent créer, transmettre, parler, persévérer, Être ce qu’elles sont dans l’Amour d’elles-même.

AUTRES TEXTES

Au nom du Père, de la fille et du Saint Esprit !

 

J’erre dans les champs du masculin,

Dans les quatre directions, je me dirige,

Rien d’autre que des austères pins

Et de la terre pâle qui dans la peur me fige.

Vais-je enfin l’ouvrir cette boîte à hommes ?

La clé est bien dissimulée

Et le cadenas est de mauvais présage.

Corps et cœur de femme

J’essaye tous les messages :

Sésame ouvre-toi

N’a pas d’effet ici-bas

Et ne fonctionne que pour Ali Baba !

Et la trappe secrète ?

Alors mes chers mages,

Racontez-moi ce que la nuit des temps

Sur des milliers de pages

A écrit de vérité sur l’Homme

Et son authenticité.

C’est celui qui fait la guerre ?

Oui il y en a des milliers

Dont les effluves des mères

Ont été souillés et mortifiés

Par des crimes forcés.

Dans leur cœur chantaient les primevères

Leurs rêves de romances

Résonnent avec les bombes

Et leur réalité ils ne l’auraient jamais imaginé

A fait pousser la peur

Et s’ancrer l’horreur

Dans le grand sillon

Du temps, perdues les illusions

Tant pis jeunes générations !

 

Les ondes dévastatrices

De la grande impératrice

Dure et sanguinaire

Que l’on appelle banalement la Guerre

A vacciné contre la Paix et L’Amour

Les descendants impuissants

De ces sombres vétérans.

 

Comment extirper la peur

Des entrailles du malheur ?

Comment brûler ces mémoires

Dissimulées dans ces vielles armoires ?

J’entends ces mots du fond de mon cœur

Vois l’Homme dans l’homme bafoué !

Ecoute ses paroles de vérité

Que sa bouche n’a pas prononcé

Capte le souffle de son âme

Qui erre dans ton essence de femme.

Descend en profondeur

A la Source innocente

Masculine et Divine

Imprègne-toi de ce parfum

Qui te libère enfin !

 

Poème extrait du recueil « Solitudes » – Editions du Net

La Nature et le Parfum des choses

 

Le monde des images derrière mes yeux clos est le même que le réel à quelque part près d’ici ou ailleurs. Je pense même entendre les bruits de ce monde naturel qui s’active derrière mes paupières fermées.

 

En ouvrant encore ma visualisation, j’arrive même à sentir les éléments qui vivent dans mon imagerie intérieure. L’eau de la rivière coule sans arrêt surmontant naturellement tous les obstacles sur sa voie, soit elle détourne, soit elle recouvre ou submerge, mais elle ne s’arrête pas car sa nature est de couler et d’aller rejoindre une autre eau, en Soi identique, car l’eau reste l’eau, ce sont les lits qui l’accueillent qui sont différents. Son chant est puissant et couvre les voix des enfants au loin. Elle est puissante en conscience, elle Est une part du Tout. Elle peut creuser, déplacer, engloutir, abreuver, porter, héberger, nourrir, elle Est tout cela par Nature !

 

Les pierres dans leurs contours clairs lui font obstacle, mais elle a le pouvoir de les faire rouler et de les user. Les pierres à la merci de l’eau laissent faire et se soumettent à la transformation inévitable.

 

Ainsi le paysage se transforme au gré des cours d’eau et des pluies sans résistance ou malgré la résistance en fonction des qualités de chacun. La Nature authentique accueille les conditions de chaque instant sans plan précis ! Chacun dans les contours inhérents à sa nature qui lui est propre : l’eau qui coule, la pierre stable mais qui s’use, la terre grasse et profonde mais qui sèche ou se dilue, le soleil rayonnant chaud ou caché, l’air indomptable, doux ou violent, porteur de Vie !

 

Chacun dans son intention originelle interagit avec l’autre et se transforme inexorablement. Pas d’entrave, pas d’interdiction ou de jugement chacun peut Être dans sa Nature !

 

En est-il de même pour l’être humain ? Il est lui aussi Terre, Eau, Feu et Air. Peut-il laisser agir son pouvoir transformateur et se revêtir de différents contours dans l’Instant présent, sans volonté, juste par Nature ?

Ma petite Bio Pro

Après de longues études universitaires et l’exercice de professions cérébrales qui me privaient de découvrir qui je Suis vraiment, je suis devenu maman de trois enfants. Cette tâche me prenant tout mon temps et mon énergie, j’ai lâché mon activité de traductrice pour me consacrer à mes petits.

C’est la période de ma vie ou je suis partie en Afrique. Le yoga, les chants de guérison, la naturopathie m’accompagnaient sur mon parcours.

Puis, j’ai souhaité transmettre ces méthodes douces de développement personnel et d’éveil de la conscience.

Aujourd’hui, j’offre des accompagnements holistiques et créatifs, des ateliers d’éveil du corps et des soins traditionnels tibétains à L’Espace élémental que je loue également aux intervenants du développement personnel.

Portrait de Muse : Dorothée Alliot-Goncalves, libre sorcière

Portrait de Muse : Dorothée Alliot-Goncalves, libre sorcière

Je suis heureuse d’accueillir Dorothée Alliot-Goncalves pour inaugurer cette nouvelle rubrique « Portraits de Muses » qui a une véritable mission: mettre en lumière les histoires des femmes  de tous les horizons et révéler leurs trésors à travers des témoignages et textes intimes profonds et sauvages.

 

Lorsque j’ai rencontré Dorothée la première fois, il y a presque deux ans, lors d’un cercle d’écriture que j’animais, j’ai été envoutée par sa beauté et  cette lumière qui émane avec douceur et puissance de tout son être.

Ses mots sont de la glaise qu’elle va chercher aux tréfonds de son ventre et son petit accent du sud toulousain donne du goût et du piment à sa voix. Lire Dorothée, c’est pénétrer dans une jungle luxuriante et sensorielle d’odeurs entêtantes, d’oiseaux qui roucoulent et de couleurs flamboyantes !

 

Elle nous livre ici quelques pincées secrètes de sa vie et de son chaudron de sorcière !

Vangelis dans les oreilles, un stylo rouge à la main, je vous écris.

Toute simple, je viens de faire le ménage, mes mains sont un peu abîmées et je n’ai pas préparé le repas, mais je vous écris.

J’écris. J’écris comme je parle, comme je respire.

Petite, j’écrivais déjà, et comme je ne savais pas quoi, j’écrivais des majuscules.

C’est beau une majuscule. Je remplissais des lignes, des pages… Et puis, plus tard, j’ai noirci des cahiers de mes peines.

Je suis comme ça, toute simple, toute femme.

Trop droite et parfois bien gauche.

Je cherche mon milieu. J’écris pour le trouver.

Je suis Verseau et Verso. Toujours de l’autre côté.

Toujours en interrogation, toujours où les autres ne sont pas. Toujours je me demande, vers où je vais ? Vers où j’écris ?

A quoi ça rime ? Ou à quoi m’arrimer ?

Je suis un petit bout de poésie, un petit radeau perdue sur l’eau qui se donne des airs de paquebot.

Je suis tout cela et aussi tout le reste. Je regarde l’horizon, les îles lointaines, à l’avant sur la proue. Je suis une femme debout.

LIBRES SORCIÈRES

 

Il fait gris et j’ai froid dans le silence

Mes sœurs et moi, les unes contre les autres

Sous nos masques depuis la nuit des temps

Depuis le jour où l’on nous a chassées

Un soleil orange pleurait derrière les montagnes.

 

Nous avons marché, enchainées, sur un long chemin au-delà de la ligne d’horizon.

La lune était là, nous accompagnant jusqu’au bûcher.

 

Elle nous souriait jusqu’à la dernière flamme.

 

Je l’entendais murmurer à mon oreille :

« Ce n’est qu’un au revoir

Bientôt, bientôt, crois en moi

Je vous délivrerai, je vous délivre déjà. »

 

Des années, des siècles, là, dans le Ventre de la Terre, nous nous sommes réfugiées.

Nos corps en poussière mais nos esprits encore vivants.

 

On s’occupe comme on peut dans notre cave. On fait bouillir les marmites sous les volcans. On donne à boire aux germes. On récupère et garde au chaud les énergies, les sèves, les trésors, les dépouilles.

On s’est accoutumées à notre nouvel espace, blotties au centre de la Terre, dans les cendres de celles que nous avions été.

 

Nos souvenirs sont devenus des légendes

Nos images ont été détruites, salies, souillées, dénaturées.

Nous qui étions si bonnes, si saines, si vraies

Condamnées à l’oubli pour l’éternité.

Nous avions presque oubliée qu’un coin du ciel nous appartient et que le soleil brille aussi pour nous.

 

Et puis, un jour, il planait une musique puissante dans les roches et les argiles. Il nous semblait reconnaître la 7ème symphonie de Beethoven.

Elle venait de plus en plus clair nous appeler.

 

« Venez, venez, c’est le moment chantait-elle.

Sortez, sortez, l’heure est venue »

 

Les émotions contenues jusqu’à lors, dans notre étau de désarroi et de tristesse ont pu jaillir au grand air.

 

« Libre, libre » hurlaient nos âmes.

 

Crescendo, dans un accouchement doux, douloureux et sensuel, nous nous sommes un peu plus assises en Terre, dans l’arc sacré de notre Ventre, plantées à jamais.

 

Et notre âme s’est envolée. Nos âmes sur les archers des violons, emportées par la grâce de la 7ème symphonie de Beethoven.

 

Nos âmes ont volé dans le ciel, nos robes s’accrochaient aux nuages crevant de désir.

Tout se rallumait.

Nous rallumions la flamme au sommet des grands arbres et de chaque brin d’herbe.

Nous rallumions la magie de l’esprit de chaque créature.

Et nous buvions à la rivière de la Vie, oui nous buvions, assoiffées que nous étions.

 

Toutes, la main dans la main, formions une grande ronde.

Nous avons pleuré notre joie et notre souffrance.

Nous avons crié notre douleur, l’injustice et le pardon.

Nous avons hurlé telles des louves et appelé plus loin nos sœurs des autres meutes, des contrées lointaines, d’autres cultures et d’autres Mondes.

 

Unies, nos énergies ne formaient plus qu’une grande lumière blanche, celle que l’on sait sans pouvoir la voir.

 

Oh il ne fallut pas longtemps pour que les êtres s’éveillent et ouvrent les yeux un à un et nous reconnaissent.

Et nous, reconnaissantes, de notre renaissance distribuions les fruits mûrs cueillis par nos mains et portés dans nos tabliers.

 

Nous sommes ainsi, nous ne demandons rien sinon faire ce que nous savons faire : distribuer du bien

Et tisser des draps de lin, de soie, de soin, de dentelle, de poésie, de velours, de vérité.

Nous sommes les accoucheuses des mondes nouveaux, des lendemains qui chantent, des destinées peintes aux couleurs de l’amour.

 

Et alors que nous portions encore nos habits d’humus, nous avons repris notre apparence humaine.

 

Ne touchez plus à nos filles qui arrivent après nous.

Elles sont fortes mais encore fragiles.

Elles sont puissantes et insoumises.

Elles chantent le titane et les diamants

Elles n’ont peur de rien, de rien.

Elles sont plus fortes et plus douces que jamais.

 

Elles sont belles, elles y croient. Elles sont artistes, thérapeutes, médium. Elles sont étudiantes, chefs d’entreprises ou écrivains. Elles sont commerçantes, elles travaillent de leur main, qu’importe.

Elles ont 60 ans ou 2 ans, Elles sont encore dans le berceau mais dans leurs yeux brûlent la flamme de nos bûchers.

 

Elles accompliront leur mission.

 

« Libre, libre » hurlaient nos âmes.

 

Crescendo, dans un accouchement doux, douloureux et sensuel, nous nous sommes un peu plus assises en Terre, dans l’arc sacré de notre Ventre, plantées à jamais.

 

Ne touchez plus à nos filles qui arrivent après nous.

Elles accompliront leur mission.

 

Et nos âmes se sont envolées sur les archers des violons, emportées par la grâce de la 7ème symphonie de Beethoven.

 

Ne touchez plus à nos filles qui arrivent après nous.

Elles accompliront leur mission.

Elles accompliront leur mission.

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INTERVIEW

Chère Dorothée,

Merci de ce texte qui vient faire vibrer nos plus anciennes et sauvages mémoires.

Peux-tu nous dire comment cette énergie archétypale de sorcière a résonné dans ta vie ?

 

Un jour, ma mère a trouvé mon journal intime. Où l’a-t-elle trouvé ?  A-t-elle fouillé dans mes affaires ce jour-là ? Est-elle tombée dessus par hasard ? Ces questions restent encore sans réponse aujourd’hui.

Ma mère m’a paru en colère, apeurée, triste, désespérée. Je ne me souviens plus de tout, il ne me reste en mémoire que la scène finale et la sentence : nous sommes allées au fond du jardin, là où mon père brûlait les feuilles d’automnes et les vieilles branches. Et là, ma mère m’a demandé de brûler le journal.

Et je l’ai fait.

Mon journal, une partie de moi, certainement la plus précieuse, réduit en cendres.

Je me suis sentie brûler de l’intérieur dans une colère immense. Brasier de rage en réaction à l’injustice et à l’humiliation dont je me sentais victime.

J’aurai préféré qu’on me rase le crâne mais ma mère aimait mon allure de jeune fille sage coiffée de tresses brunes.

Ce fut-là mon premier bûcher au pied d’un pêcher… ça ne s’invente pas… Un vieux pêcher rabougri qui donnait des pêches de vigne. S’agissait-il d’un pêcher ou d’un arbre à péchés… ? Je n’avais rien fait de mal, pourtant… Je n’étais pas méchante. J’étais si tendre, si fragile à l’intérieur….mais j’intégrais instantanément que j’étais une vilaine fille, qui écrivait de vilaines choses. J’étais une vilaine sorcière qui faisait le mal.

Dix ans plus tard, j’étais dans une relation très déséquilibrée avec un garçon. Je le trouvais plutôt bête et prétentieux, mais j’aimais tant le regard qu’il posait sur moi. Il me trouvait belle et disait que  j’étais une sorcière qui l’ensorcelait.

Une sorcière ? Je voyais un nez crochu, une verrue, un balai, de la bave de crapaud… j’écartais ce qui semblait être un compliment dans sa bouche. Pourtant ce mot résonnait en moi, il faisait écho à quelque chose de profond.

Les sorcières seraient-elles jolies ? Ce que je savais c’est qu’on les brûlait vives. Et d’y penser me remuait le ventre et remontait alors le souvenir de mon journal intime, en cendres, au pied du pêcher.

J’étais une sorcière, c’était sûr !

Encore plus tard, lors de ma reconversion professionnelle d’un métier bien policé au métier de thérapeute,  le traumatisme de la sorcière sur son bûcher, condamnée par la société est revenu. Oui, j’avais peur qu’on me prenne pour une folle, qu’on me chasse ou qu’on me lynche…

Mais depuis j’ai compris !

J’ai compris qu’une sorcière est une femme qui soigne avec ce qu’elle est : son principe féminin, intuition, empathie, écoute, accueil, connaissance de la nature et de ses cycles ?

Une femme indépendante et émancipée. Une femme qui ne s’est pas rangée derrière un homme et une science.

Les sorcières ne vivent pas au royaume de l’ombre, elles dansent dans la lumière. (Elles ont simplement dû se cacher et sortir la nuit, pour ne pas se faire prendre par ceux qui étaient gênés par elles.)

Les sorcières vous encouragent à trouver votre source de lumière, celle qui vous éclaire.

Maintenant, je vois la sorcière que je suis, lumineuse, toute drapée de blanc, la chevelure flamboyante et sauvage.

La sorcière que je suis est auréolée de soleil.

La sorcière que je suis ressemble plus à une sainte qu’à une diablesse.

Elle ouvre grand ses bras et donne chaleur et repos.

 

Peux-tu nous partager un autre moment clé de ton histoire, moment-levier où tu as décidé de te lancer dans un vie plus libre et créative, qui te ressemble, au niveau personnel et professionnel ?

Une grosse dispute avec mon mari en février 2013, qui durait, qui durait. Tout était sombre et triste en moi. Je me sentais étouffer et m’écrouler. J’ai suivi une intuition : appeler Geneviève, et à partir de là, j’ai suivi le fil de cette intuition, j’ai rencontré Sylvie et cette rencontre m’a donné le courage de me dévoiler et rendre public un changement professionnel qui n’était que la partie montrable du début de ma métamorphose. Puis l’intuition d’animer une émission radio, puis proposer à Carlos d’écrire des poèmes sur ses peintures, puis animer un atelier d’écriture dans un salon d’art, puis me dévoiler davantage encore en montrant mes dessins, puis répondre à l’appel à textes de la PlumeSauvage etc. De fil d’intuition en aiguilles de courage, j’ai tissé, j’ai tissé !

Qu’est-ce qui t’inspire dans la vie ?

La beauté de la nature, la roue des saisons, les couleurs, certaines rencontres « vraies » (quand je parle avec qqun et que j’ai la chair de poule), l’authenticité des gens de la campagne qui ont encore ce qu’ils appellent « le bon sens », les voyages, les musiques de Madredeus et Einaudi, mes cheveux dans le vent.

Comment s’exprime ta créativité ?

De multiples manières : écriture (textes, poèmes), dessin peinture et collage, décoration de mon intérieur (très important car je projette sur mes murs ce que je suis, et je me nourrie aussi de ce dont je m’entoure, ça communique dans les deux sens), mise en place d’ateliers pour les femmes avec découverte d’une pratique aidant à se libérer (chant, mouvement, olfacto, photo…)

Quelle est ton histoire avec l’écriture ? Comment l’écriture est venue dans ta vie, quelle relation as-tu avec elle? Qu’est-ce que tu aimes écrire ?

L’écriture est arrivée très tôt dans ma vie, comme le dessin, car petite fille, j’ai passé beaucoup de temps seule chez moi. J’ai aimé lire et j’ai beaucoup lu. J’ai eu envie d’écrire moi aussi des histoires. J’imaginais des romans dans ma tête que j’essayais ensuite de retranscrire sans jamais arriver au bout. J’ai un monde intérieur très vaste, riche de voyages et de ma double culture.

Ecrire n’a pas de limite, j’ai souvent l’impression que je puise à travers l’écriture, des petits bouts de connaissance de mes vies d’avant. Il me vient des idées, des messages, des images, des sensations qui me semblent d’un autre espace et d’un autre temps. Il y a quelque chose de trans-personnel là-dedans.

Ce que j’aime le plus, c’est ce qui arrive hélas rarement : quand je suis dans un état « second » et que j’écris sans rien maîtriser, en pleurant souvent, c’est alors qu’arrive mes plus beaux textes, comme un trésor bien enfoui que ma douleur est allée déterrer. Dans ces moments là, je me sens être simplement la scribe d’une dimension invisible.

Quel est ton livre de chevet ?

Actuellement, « Les 13 mères originelles » de Jamie Sams

Quelle Femme connue ou moins connue t’a marqué et inspiré dans ta vie ? Pourquoi ?

Oh il y en a tant !
Marie-Madeleine Alliot, la grande tante de mon mari qui m’a initiée, puis plus tard formée à la métathérapie. Geneviève Lacouturière qui  m’a dit un jour avec ses yeux pétillants, : « toi, faut que tu fasses quelque chose de ta grande puissance »
Sylvie Ruscart qui, quand je l’ai rencontrée, parallèlement à son métier d’infirmière, osait parler d’hypnose et développer sa pratique alternative publiquement.
Sandrine Rouillon qui dans ses ateliers a remis un pinceau et un stylo dans mes mains.
Laurence de La plume Sauvage qui a refait battre mon cœur d’écrivain

et sinon :
Teresa Salgueiro, la chanteuse de Madredeus, parce qu’elle est divine
Amma, parce son visage rond, sa bonté et ses robes blanches me parlent, me parlent, me parlent d’une mémoire ancienne.
Et puis il y a les hommes aussi !!!

Un conseil pour être + créative dans la vie ?

Avoir chez soi, un espace de création toujours prêt avec quelques feuilles, de la couleur, des magazines, des matières. Ainsi, il suffit de s’asseoir là et commencer tout de suite (il n’y a pas à tout sortir des placards)

Ma p’tite bio pro

 

Je suis accompagnante. J’aide les personnes à travailler sur leur ressentis intérieurs, à se libérer de ce qui les entrave, à s’accomplir tout simplement. Je suis formée en sophrologie, métathérapie et coaching. Avant, j’étais responsable administrative et financière en entreprise, mais ça, c’était avant !;)

 

Site Web : saccomplir