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La Plume Sauvage Editions | Aphorismes et autres pensées poétiques#1 et 2 de Brune de Lys
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Aphorismes et autres pensées poétiques#1 et 2 de Brune de Lys

Aphorismes et autres pensées poétiques#1 et 2 de Brune de Lys

1 Soyons les passeurs

Soyons les passeurs des mots qui créent et n’effacent rien, soyons les aventuriers d’être sans jamais définir, soyons les avants coureurs des soupirs et souffles de ce qui nous raconte la vie sans fausse note. Soyons les amoureux des vagues à l’âme celle qui sait guérir , ne blesse ni ne juge, qui s’égare pour s’enlacer, à chaque détour renvoie à nos lumières et en-vies.

Peut être que l’on doit s’attirer à soi tous les naufrages, tous les chavirés de la vie pour comprendre saisir que toujours la source de ce qui unit est l’appel au-delà des illusions.

Soyons les passeurs d’avenir qui élèvent. Soyons ceux du devenir.

Soyons les auteurs des jours et des nuits qui ne se disent pas mais qui se jouent, s’ajoutent se jouissent des odeurs.

***

Crosses-fougeres

2 Long et tempo du temps

J’ai mis longtemps à comprendre que ce que j’attendais était seulement être disponible à ma propre écoute.

J’ai mis longtemps à connaitre et aimer les différentes parties de moi, y compris celles dont je ne pensais pas pouvoir faire face, l’ombre qui t’emporte parfois vers des sphères insoupçonnées mais nécessaires pour savoir que nous sommes réellement créateurs, acteurs, victimes et complices de ce que nous faisons. Il y a un espace en nous inviolable, un appel à ce qui est de sens jusque dans les cellules, jusque dans les regards sur le monde soi et les autres. Jusqu’à un certain éveil, une perspective qui entoure tout ce qui est notre corps et tout ce qui n’est pas nous, ce qui vit à l’extérieur de nous.

Regards lavés, corps détrempés, flous des visages, ardeurs des sourires, s’absorber dans ces mouvements de vie qui touchent jusqu’à jalonner et étoffer nos souffles d’argent et d’or, posés là sur le bitume et qui n’aspirent qu’à verdir les pas oubliés, les traces abandonnées pour revenir à la nature véritable. Combien d’autres, je le jure, promesse d’à venir attendent ce bond d’effluves amoureuses ?

Ce moment d’espace et d’écoute vierge à nul autre n’attends que le souffle du silence pour dire et unir ce qui existe, ce qui est aujourd’hui, je me suis vue  courir après ce qui n’était pas moi, loin des écoutes, des bienveillances, des voyages aperçus d’autres achevés, des soupirs, des éclaboussements, là ou n’existaient que les tempêtes. Le chemin des rôles qui s’imposent et s’érigent loin de l’amour de soi et du prochain quel qu’il soit, seulement la violence des rapports, quel que soit ce qui se présente, j’ai senti un viol souvent dans ces jeux de rôles envahisseurs, envahissants, face à ce que j’étais réellement. Parfois sans pouvoir communiquer, juste dans la froideur des échanges…

La perte, c’est ce qui résonnait. Le chemin a été long pour reconnaitre ce qui fait joie dans le quotidien. La voix de la nature, les urgences intérieures, les volontés qui se proclament enfin. J’ai longtemps étouffé cette « petite » voix qui me disait tous les possibles et les accords qui étaient à ma disposition, à la disposition du Tout. Dans le feu de l’être j’ai longtemps caché la flamme, maintenant il y a les je suis, les nous sommes, il y a à construire, élaborer tous les vents, les terres, les eaux et les feux qui génèrent.

J’ai confondu conquête et ouverture, jusqu’au jour ou est venu dans les veines enfin une sensation d’être qui allège, qui devient seulement compréhension sans juger les tempêtes et guerres qui ont existé toutes ces années. Combien c’est déstabilisant et combien essentiel d’être dans ce que nous ressentons, dans cette écoute qui ne fait que vibrer qui n’est là que pour nous dire parce que nous avons toujours su. Au-delà de tous mes excès passés pour mourir à  ce qui se figeait pour renaitre à ce qui est.

L’erreur n’existe pas dans la voie de l’amour, petit à petit, entente après entente dans la descente de qui je suis et n’ai jamais cessé d’être. L’art d’être, la voie de l’amour  (même si je sais que rien n’est acquis) parcourt toutes les heures qu’il reste à sentir, à vivre…

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Texte de Brune de Lys

Photos: auteur inconnu

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laurence konieczny

La Plume Sauvage, directrice de la publication et éditrice

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